Absentéisme en 2025 : 5,7 % et +13,6 % depuis 2019, une stabilité en trompe-l’œil (baromètre Marsh)

Le 6 octobre 2026, Marsh (NYSE : MRSH) publie la nouvelle édition de son baromètre sur l’absentéisme en France, réalisée à partir des données de plus de 550 000 assurés. En 2025, le taux d’absentéisme atteint 5,7 %, contre 5,6 % en 2024. Une évolution limitée en apparence, qui ne doit pas masquer une tendance de fond : depuis 2019, avant la crise sanitaire, l’absentéisme a progressé de 13,6 %, ce qui confirme son installation à un niveau durablement élevé.

Cette relative stabilité ne traduit pas un reflux du phénomène : elle s’accompagne d’écarts persistants entre les populations de salariés. En 2025, 32 % des salariés se sont absentés au moins une fois dans l’année, et la durée moyenne d’un arrêt reste élevée, à 23,2 jours.

Des écarts marqués entre les femmes et les hommes

Le taux d’absentéisme atteint 7,9 % chez les femmes, contre 4,1 % chez les hommes. 36 % des femmes ont connu au moins un arrêt dans l’année, contre 29 % des hommes, et leurs arrêts s’inscrivent plus souvent dans la durée.

Avec l’âge, des absences moins fréquentes mais plus longues

L’âge joue autant sur la fréquence des absences que sur leur durée : les arrêts longs représentent 16 % des absences chez les moins de 25 ans, contre 37 % chez les plus de 50 ans. Marsh souligne l’importance de la prévention, de l’accompagnement du retour à l’emploi et du maintien dans l’activité, notamment face aux pathologies chroniques, aux troubles musculo-squelettiques et aux problématiques de santé mentale.

Une hausse à surveiller chez les femmes cadres de 30 à 40 ans

Chez les femmes cadres, l’absentéisme atteint son niveau le plus élevé entre 30 et 40 ans, avec un phénomène qui se renforce en 2025. Le rapport met cette évolution en relation avec une dégradation de la santé mentale.

Des secteurs toujours davantage exposés

Les services à la personne affichent un taux de 10,2 % et les centres d’appels 10 %, nettement au-dessus de la moyenne nationale.

Yvan Aubree, Responsable ingénierie technique chez Marsh France, déclare : « Face à la progression de l’absentéisme, il est légitime de se demander jusqu’où les employeurs peuvent réellement agir, tant ce phénomène dépasse parfois le seul cadre de l’entreprise […]. Il serait illusoire de croire qu’une mesure ponctuelle puisse diviser par deux l’absentéisme en quelques semaines de manière durable, néanmoins nous constatons qu’en s’emparant du sujet avec méthode, lucidité et constance, il est possible de faire bouger les lignes, de prévenir certains risques et de créer des environnements de travail plus favorables à l’engagement et à la santé des collaborateurs. »

Méthodologie

Étude réalisée à partir des données de la DSN, sur un périmètre de plus de 550 000 assurés du portefeuille Marsh Santé et Prévoyance. Seules les entreprises présentes à la fois en 2024 et en 2025 ont été retenues. Le baromètre complet est disponible sur demande auprès de Marsh.