La 23ᵉ édition de l’étude Workmonitor de Randstad, menée auprès de 27 000 travailleurs et 1 225 employeurs dans 35 marchés, met en évidence un paradoxe : les dirigeants affichent un net optimisme économique, tandis que les talents restent sur leurs gardes.
En France, seuls 37 % des salariés partagent la confiance affichée par les employeurs (51 % au niveau mondial). Pour Randstad, entreprises et talents doivent s’engager dans une « Grande Adaptation », caractérisée par trois tendances : une IA génératrice de « travail augmenté » plutôt que destructrice d’emplois, l’essor des « carrières plurielles » et le rôle central des managers.
L’IA : une solution plutôt qu’une menace
58 % des employeurs estiment que plus de la moitié des tâches seront transformées par l’IA d’ici deux ans, mais 57 % des talents français (48 % au niveau mondial) pensent encore que cette technologie aura peu ou pas d’impact sur leur quotidien. 38 % des talents français craignent que l’IA serve avant tout les intérêts de l’entreprise plutôt que les leurs (47 % au niveau mondial).
À l’échelle mondiale, les offres d’emploi exigeant des compétences en création d’« agents IA » ont bondi de 1 587 % en un an, et la demande de « formateurs IA » a progressé de 247 %. La demande pour le « prompt engineering » a crû de 403 %.
53 % des talents français reconnaissent la nécessité de monter en compétences sur l’IA, et 45 % se forment de manière autonome pour préserver leur employabilité (respectivement 65 % et 52 % au niveau mondial).
La carrière linéaire recule, la carrière plurielle progresse
88 % des employeurs français (87 % au niveau mondial) privilégient désormais l’expérience et les compétences plutôt que les diplômes lors du recrutement. 65 % des employeurs français (72 % au niveau mondial) jugent obsolète le modèle de carrière mené au sein d’une seule entreprise. 34 % des talents français partagent cet avis (38 % au niveau mondial), tandis qu’une part comparable (35 % en France, 41 % au niveau mondial) reste attachée au modèle traditionnel.
Le salaire attire, l’équilibre retient
Le salaire reste le levier d’attractivité n°1 pour 81 % des talents. Mais c’est l’équilibre des temps de vie qui fidélise le mieux (42 % en France, 46 % au niveau mondial), loin devant la rémunération (30 % en France) et la sécurité de l’emploi (23 %). 40 % des talents français ont déjà quitté un poste incompatible avec leur vie personnelle, et 35 % refuseraient un poste sans flexibilité horaire ou géographique.
Les managers, garants de la stabilité
67 % des collaborateurs français déclarent avoir une relation solide avec leur manager direct (72 % au niveau mondial), en hausse par rapport à l’an dernier (61 % en France). La confiance envers la direction générale recule en revanche, passant de 71 % à 64 % en un an en France (de 77 % à 72 % au niveau mondial).
Pour la première fois, cinq générations cohabitent au sein de l’entreprise : 71 % des talents français déclarent gagner en productivité en travaillant avec des collègues d’autres générations, et 98 % des employeurs français voient dans cette diversité générationnelle un moteur de performance. 20 % des talents français ont toutefois déjà démissionné en raison d’un manque de coopération au sein de l’entreprise (31 % au niveau mondial).
« Notre étude met en lumière un impératif pour le monde du travail : réussir la « Grande Adaptation ». Cette adaptation n’est pas un ajustement à la marge, mais une refonte de notre pacte social afin de renforcer la confiance entre les organisations et leurs salariés », déclare Benoit Labrousse, Président du groupe Randstad France.
Méthodologie : étude Workmonitor 2026 de Randstad, menée du 10 au 28 octobre 2025 auprès de 27 062 travailleurs et du 9 au 30 octobre 2025 auprès de 1 225 employeurs, dans 35 marchés (Europe, Asie-Pacifique, Amérique du Nord, Amérique latine), complétée par l’analyse de plus de 3 millions d’offres d’emploi.
Source : communiqué de presse Randstad France (agence Wellcom), 20 janvier 2026.