Transparence salariale : l’étude SD Worx révèle un écart persistant entre entreprises et salariés en France

SD Worx a publié le 11 mai 2026 les résultats français de son étude européenne « HR & Payroll Pulse », menée par le SD Worx Research Institute entre le 27 janvier et le 20 février 2026 auprès de 5 936 décideurs RH et 16 500 salariés dans 16 pays européens (dont 300 décideurs RH et 1 000 salariés en France). À l’approche de l’échéance de transposition de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, fixée au 7 juin 2026, l’étude met en évidence un décalage marqué entre la préparation des entreprises françaises et la perception des salariés.

Les entreprises se disent prêtes, les salariés moins informés

En France, 68 % des entreprises déclarent connaître la directive européenne sur la transparence salariale, et 53 % estiment être déjà en mesure de s’y conformer. Du côté des salariés, la situation diffère nettement : seuls 33 % déclarent connaître la directive et comprendre ce qu’elle implique pour leurs droits, contre 67 % qui reconnaissent ne pas encore en avoir connaissance.

Un écart de préparation selon la taille des entreprises

La préparation varie fortement selon la taille des structures :

  • 62 % des organisations de plus de 1 000 salariés s’estiment prêtes à se conformer à la directive ;
  • cette part tombe à 47 % dans les entreprises de moins de 100 salariés ;
  • et à 43 % dans celles comptant entre 100 et 249 collaborateurs.

Une perception d’équité fragile côté salariés

Si 54 % des entreprises françaises estiment rémunérer leurs collaborateurs de manière équitable, cette perception n’est que partiellement partagée en interne : seuls 31 % des salariés considèrent que leur salaire reflète correctement leur travail, et 35 % s’estiment rémunérés équitablement par rapport à leurs collègues. Seuls 31 % des salariés jugent que leur entreprise est réellement engagée dans la réduction des écarts de rémunération — une perception encore plus faible chez les femmes (26 %) que chez les hommes (35 %).

Dans les faits, les dispositifs concrets de transparence restent limités : seuls 22 % des entreprises déclarent proposer des outils dédiés (grilles de salaires, fourchettes, dashboards internes).

Un facteur d’attractivité croissant

Plus de la moitié des salariés (54 %) déclarent que la transparence salariale constitue un critère important dans leur décision de rester dans une organisation ou de la rejoindre. Près d’un salarié sur deux anticipe par ailleurs une augmentation de la transparence salariale dans les années à venir.

« La directive européenne sur la transparence des rémunérations est un tournant pour les entreprises françaises. Mais elle révèle surtout un écart entre les efforts engagés et ce que perçoivent réellement les salariés. Le défi des prochains mois sera de rendre ces avancées visibles, concrètes et compréhensibles pour restaurer la confiance et renforcer l’attractivité des organisations », souligne Jean-Baptiste de Charette, Market Leader France chez SD Worx.

Source : étude SD Worx « HR & Payroll Pulse », communiqué de presse du 11 mai 2026, enquête menée du 27 janvier au 20 février 2026 auprès de 5 936 décideurs RH et 16 500 salariés dans 16 pays européens (dont 300 décideurs RH et 1 000 salariés en France).

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