Égalité professionnelle : femmes et hommes n’ont pas la même vision (Great Place To Work for Women 2026)

Communiqué de Great Place To Work France – 29 septembre 2026

Seules 33 % des femmes estiment que leur travail est rémunéré à sa juste valeur. Les hommes, eux, sont 45 % à le penser : un écart de 12 points.

À l’occasion de la publication de son palmarès Great Place To Work for Women 2026, Great Place To Work met en lumière un angle mort persistant des politiques d’égalité : les progrès affichés ne sont pas nécessairement perçus de la même manière par celles et ceux qui travaillent dans l’entreprise. Salaires, promotions, carrières : les femmes portent un regard beaucoup plus critique que les hommes sur l’égalité dans leur entreprise.

Égalité professionnelle : une entreprise, deux réalités

À poste égal et profil équivalent, 86 % des hommes considèrent que femmes et hommes perçoivent la même rémunération, contre 76 % des femmes. L’écart de perception s’est accentué depuis 2021 : il est passé de cinq à dix points en cinq ans. La perception des femmes est restée quasiment stable (de 75 % à 76 %), tandis que celle des hommes a progressé de 80 % à 86 %.

La même tendance se retrouve dans l’accès aux postes de direction. Femmes et hommes sont aujourd’hui plus nombreux qu’en 2021 à considérer que les chances d’accès sont égales, mais la progression est plus forte chez les hommes : l’écart est passé de sept à dix points en cinq ans (de 72 % à 77 % chez les femmes, contre 79 % à 87 % chez les hommes). Les données ne traduisent pas un recul général de la perception de l’égalité professionnelle, mais un phénomène plus subtil : la perception des hommes s’améliore nettement plus vite que celle des femmes.

Bonne pratique : Allianz France fait de l’égalité femmes-hommes un levier de transformation de sa culture d’entreprise (45 % de femmes managers et 41 % de femmes cadres dirigeants, mentoring via le réseau NEO, soutien renforcé à la parentalité et à l’entrepreneuriat féminin, actions contre le sexisme ordinaire).

Salaires, promotions, direction : un décalage qui s’accentue

Seules 34 % des femmes considèrent que les promotions sont attribuées à ceux qui les méritent le plus, contre 44 % des hommes. Sur chacun des marqueurs déterminants de la carrière, un écart d’au moins dix points sépare la perception des femmes de celle des hommes.

« À l’heure où les entreprises françaises s’apprêtent à renforcer la transparence salariale, l’étude montre que publier davantage de données ne suffira pas : encore faut-il démontrer que l’égalité des chances est réelle et se traduit dans les étapes clés de la carrière des collaborateurs quel que soit leur genre »

Léa Binet-Ferté, directrice générale adjointe de Great Place To Work France

Bonne pratique : le programme « Women in Operations » d’Avril vise à augmenter la présence des femmes dans les usines (standardisation des vestiaires sur les sites industriels, programme « Plant manager for tomorrow » avec 50 % de femmes participantes, campagnes « Femmes et Hommes d’Avril, les métiers n’ont pas de genre », partenariats avec des écoles et la fondation CGénial).

La maternité et la vie familiale restent le premier frein à la carrière

La maternité et la vie de famille constituent le premier frein cité par les salariées, à 43 %, contre 34 % des hommes. Elles devancent les comportements sexistes ou misogynes, mentionnés par 27 % des femmes, puis l’autocensure, citée par 22 %. Seules 22 % des femmes déclarent ne rencontrer aucun frein à leur évolution professionnelle, contre 27 % des hommes. La parentalité continue ainsi d’être perçue comme un moment de fragilisation des trajectoires professionnelles féminines en France.

Bonne pratique : chez Grant Thornton, les salariés revenant d’un congé familial (maternité, paternité ou adoption) peuvent travailler à 80 % tout en étant rémunérés à 100 % pendant les trois mois suivant leur retour.

Une expérience du travail dégradée pour les femmes

Près d’une femme sur trois (32 %) déclare que son activité professionnelle affecte négativement ou très négativement sa santé mentale, contre 20 % des hommes. Seules 49 % des femmes recommanderaient fortement leur entreprise à leurs proches comme un endroit où il fait bon travailler, contre 58 % des hommes.

Bonne pratique : eBay France propose à ses collaboratrices des programmes consacrés à la santé mentale, à l’endométriose et à la ménopause.

« L’égalité professionnelle ne se décrète pas : elle se vérifie dans l’expérience vécue. Quand femmes et hommes portent un regard aussi différent sur les salaires, les promotions ou l’accès aux responsabilités, l’entreprise doit analyser ce que vivent réellement ses collaboratrices. Le fait que les écarts de perception se creusent depuis cinq ans doit nous alerter. Les réduire doit devenir un indicateur de performance à part entière »

Léa Binet-Ferté

Les 50 Great Places To Work for Women 2026 en France

Pour figurer au palmarès, les entreprises doivent être certifiées en 2025 par Great Place To Work France, compter au minimum 30 % de femmes dans leurs effectifs, 25 % parmi les managers et au moins une femme parmi les membres de l’exécutif, et obtenir au moins 65 % de réponses positives des femmes à l’enquête Trust Index et aux questions relatives à l’équité de traitement.

Hilton, Chiesi, AbbVie, Siemens Healthineers, Kiabi, Krys Group, Stryker, SNCF Connect & Tech, Synergie, Cofidis France, Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, eBay, Heppner Group, Wavestone, TGV Lyria, Manutan, Octopus Energy France, In Extenso, Allianz en France, Audika, Septeo, Avril, Gedeon Richter France, Aroma-Zone, Biogen, Grant Thornton, EBS Group, GPK Services, Jaberson, B Lab France, Remake Asset Management, THiME, Approach People Recruitment, FIVEFORTY, Gangstères, APGAR France, Consultys, Kraken Technologies, Green Family, Angel Aligner, Plurial Novilia, MyReport, Flamino, Beyond Associés, Bleu-Blanc-Cœur, EHPAD Le Foyer du Romarin, Hopscotch, Les Petits Chaperons Rouges, Sim&Cure, Librairie EMLS.

Données issues de l’enquête Great Insights 2026, menée en décembre 2025 auprès de 4 246 salariés français (2 057 femmes et 2 189 hommes).