Communiqué de presse — Groupe APICIL, 6ᵉ édition du baromètre « Les Français et l’inclusion » (avec OpinionWay), Lyon, 25 mars 2026
Parler de santé au travail n’a jamais été aussi nécessaire, ni aussi sensible. Santé mentale, fatigue, troubles musculosquelettiques, maladies chroniques, mais aussi grossesse, endométriose, post-partum, ménopause ou andropause peuvent peser sur les carrières, la soutenabilité du travail et, parfois, conduire à des inégalités ou à des formes d’injustice. C’est dans ce contexte que le Groupe APICIL publie les résultats de la 6ᵉ édition de son baromètre « Les Français et l’inclusion », réalisé avec OpinionWay, avec un focus sur les discriminations liées à la santé en entreprise.
Les chiffres clés
- Pour 64 % des Français, la société française est inclusive — un chiffre en hausse de 6 points par rapport à 2025 (58 %).
- L’origine ou l’appartenance à une prétendue race (88 %, +3 points), l’orientation sexuelle ou l’identité de genre (85 %, +5 points), la religion (84 %, +6 points) et l’âge (80 %, +2 points) sont les discriminations que les Français relèvent le plus.
- Tous les acteurs de la société ont un rôle à jouer en matière d’inclusion : citoyens (92 %), pouvoirs publics (92 %), écoles (91 %), famille (90 %), entreprises (89 %).
- Près de 7 salariés sur 10 (69 %, +6 points) estiment que leur entreprise est engagée dans une politique d’inclusion, et 75 % considèrent qu’elle favorise l’inclusion.
- Pour 74 % des salariés de moins de 35 ans, l’existence d’une politique d’inclusion est un critère important lorsqu’ils postulent un emploi.
- Les addictions (81 %), l’andropause (76 %), la santé mentale (75 %), les règles douloureuses (74 %), les cancers masculins (74 %) et le post-partum (70 %) sont les sujets de santé les plus difficiles à évoquer en entreprise.
- 4 salariés sur 10 (40 %) ont été témoins de discriminations liées à l’état de santé au sein de leur entreprise, 34 % estiment en avoir été victimes.
- En cas de problèmes de santé mentale, seuls 53 % des salariés se sentent en mesure d’en parler avec leurs collègues, 48 % avec leur manager et 43 % avec les ressources humaines.
- Plus de deux tiers des travailleurs ont déjà éprouvé des troubles du sommeil (67 %) ou des épisodes d’irritabilité avec leurs proches (67 %) ; 43 % ont déjà pleuré à leur domicile et 39 % sur leur lieu de travail pour des raisons professionnelles.
- Une minorité de salariés déclarent que leur entreprise a mis en place des actions spécifiques en faveur du bien-être (36 %), de la santé physique (34 %) ou de la santé mentale (28 %).
- Plus de la moitié des salariés (52 %) estiment que la santé mentale n’est pas réellement prise au sérieux par leur employeur, et 1 salarié sur 2 (52 %) considère que l’état de santé peut avoir un impact sur la progression professionnelle.
« La perception de l’inclusion progresse dans la société française, mais les discriminations restent fortement présentes (…) Les entreprises sont, quant à elles, attendues et légitimes pour agir contre les discriminations et en faveur d’un environnement plus inclusif, d’autant que ces enjeux constituent un facteur d’attractivité et influencent les choix professionnels, en particulier chez les plus jeunes », souligne Philippe Barret, Directeur Général du Groupe APICIL. « Alors que les discriminations liées à la santé au travail impactent le bien-être des salariés et leur évolution professionnelle, le Groupe APICIL constate avec préoccupation qu’elles demeurent largement sous-estimées dans le monde de l’entreprise. »
Les salariés reconnaissent le rôle clé des entreprises dans la lutte contre les discriminations
Près de 7 salariés sur 10 (69 %, +6 points) estiment que leur entreprise est engagée dans une politique d’inclusion, et 75 % considèrent qu’elle favorise l’inclusion. Ce déploiement est d’autant plus attendu que près de 6 actifs sur 10 (58 %, +7 points) affirment qu’il s’agit d’un critère important lorsqu’ils postulent un emploi — un critère encore plus marqué chez les moins de 35 ans (74 %) que chez leurs aînés (50 %). Les Français attendent avant tout des entreprises qu’elles agissent sur l’embauche et le maintien dans l’emploi : 72 % jugent essentiel qu’elles mettent en place des actions sur ces sujets, avec une attention particulière portée au maintien en emploi des seniors, à l’anonymisation des CV et à l’accompagnement des travailleurs handicapés.
La santé : un sujet encore trop difficile à aborder, tant en société qu’en entreprise
Seule la grossesse se révèle facile à aborder pour 79 % des Français. Tous les autres états de santé sont majoritairement difficiles à aborder, en particulier les troubles de la santé mentale (68 %), les addictions (68 %), l’andropause (66 %), les règles douloureuses (59 %), les cancers masculins (59 %) et le post-partum (58 %). Ces difficultés s’accentuent en milieu professionnel, où 81 % des salariés français peinent à y évoquer les addictions, 75 % la santé mentale, 68 % les maladies chroniques et 64 % les troubles musculosquelettiques.
Une femme sur quatre (25 %) a été contrainte de s’absenter du travail au cours de l’année en raison de ses règles, de la ménopause ou de symptômes associés — un chiffre qui grimpe à 56 % chez les femmes de 25 à 34 ans. Seuls 33 % des Français ont entendu parler de la Charte nationale pour la santé mentale au travail, lancée fin août 2025 par le gouvernement, tandis que près de 9 Français sur 10 (88 %) reconnaissent que la santé mentale est aussi importante que la santé physique.
Des entreprises peu mobilisées en faveur de la santé de leurs salariés
Pour plus de 7 actifs sur 10, leur activité est compatible avec leur état de santé physique (78 %) et mentale (74 %). Néanmoins, au cours de l’année, plus de deux tiers ont éprouvé des troubles du sommeil (67 %) ou des épisodes d’irritabilité avec leurs proches (67 %) pour des raisons liées à leur travail. 43 % ont déjà pleuré à leur domicile et 39 % sur leur lieu de travail à cause de leur activité professionnelle, 36 % ont dû quitter leur poste après avoir atteint leurs limites et 31 % n’ont pas su se rendre au travail en raison de l’anxiété.
82 % des Français, dont 83 % des salariés, jugent la prise en compte des cycles de vie, masculins comme féminins, insuffisante en entreprise. Seule une minorité de salariés constatent que leur organisation a mis en place des actions spécifiques en faveur du bien-être (36 %), de la santé physique (34 %) ou de la santé mentale (28 %). Seule la moitié des salariés sait à qui s’adresser en cas de difficultés de santé (50 %) et se sent soutenue par son management (51 %). Les services RH restent peu accessibles sur ces sujets : seuls 50 % des travailleurs déclarent pouvoir échanger avec eux au sujet de problèmes de santé physique, et 43 % lorsqu’il s’agit de santé mentale.
« Les enjeux de santé demeurent difficiles à aborder, dans la société en général et plus encore dans le monde de l’entreprise (…) Les organisations doivent plus que jamais renforcer leurs dispositifs de soutien, leur communication et leurs actions de prévention, tout en formant leurs équipes RH et leurs managers », précise Raphaël Confavreux, Responsable de domaine RH – Carrières, Inclusion & QVCT du Groupe APICIL.
Méthodologie
Le baromètre « Inclusion – Le regard des Français sur les discriminations liées à l’état de santé en entreprise » a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 004 Français âgés de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, catégorie d’agglomération, région de résidence). L’échantillon a été interrogé par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI). Les interviews ont été réalisées du 18 au 20 février 2026.
À propos du Groupe APICIL
Le Groupe APICIL, un des groupes leaders de la protection sociale et patrimoniale en France avec 3,9 Md€ de chiffre d’affaires, propose une gamme complète de solutions en santé-prévoyance, épargne, services financiers et retraite pour particuliers et professionnels. Chaque jour, les 2 649 collaborateurs du Groupe apportent leur expertise à plus de 53 000 entreprises et 1,9 million d’assurés protégés.