Réussite féminine : une étude NEOMA Business School révèle un autre plafond de verre, à la maison

Alors que la directive européenne sur la transparence salariale devait être transposée en droit français avant le 7 juin 2026 — un délai que la France ne tiendra pas —, une étude de recherche publiée dans le Journal of Organizational Behavior vient interroger un angle mort du débat sur l’égalité professionnelle : l’égalité salariale suffit-elle à elle seule à faire progresser la carrière des femmes ?

Co-dirigée par Hyejin Yu, professeure à NEOMA Business School, l’étude a suivi 7 252 couples hétérosexuels sur plus de vingt ans. Les chercheurs y mettent au jour un mécanisme domestique aussi discret que tenace, qui pèse sur la progression professionnelle des femmes indépendamment de leur niveau de rémunération.

Gagner plus ne libère pas de la charge domestique

Selon l’étude, même lorsqu’elle est la principale pourvoyeuse de revenus du foyer, une femme consacre en moyenne 14 heures par semaine aux tâches ménagères routinières, contre 6 heures pour son partenaire. Loin de se délester de cette « double journée », elle a tendance à redoubler d’investissement domestique.

Les chercheurs expliquent ce phénomène par un mécanisme que les sociologues appellent le doing gender : la femme chercherait à compenser symboliquement ce qui pourrait être perçu comme une menace pour la masculinité de son partenaire lorsque les revenus du couple sont déséquilibrés en sa faveur.

Un effet mécanique sur les promotions

Ce surinvestissement domestique a une conséquence directe sur la trajectoire professionnelle : moins une femme considère sa carrière comme centrale dans sa vie, moins elle a de chances de décrocher des promotions.

« Peu importe que la femme gagne plus ou moins que son partenaire : sa carrière pâtit dès que les revenus sont déséquilibrés. Seule l’égalité salariale au sein du couple fait exception », résume Hyejin Yu.

L’étude suggère ainsi que les politiques d’égalité professionnelle centrées uniquement sur la rémunération et la transparence salariale en entreprise pourraient laisser de côté un facteur déterminant qui se joue en dehors du cadre professionnel : la répartition des tâches domestiques au sein du couple.

Source : étude de recherche NEOMA Business School (Hyejin Yu et co-auteurs), publiée dans le Journal of Organizational Behavior, communiqué de presse du 29 mai 2026. Étude longitudinale menée sur un panel de 7 252 couples hétérosexuels suivis sur plus de vingt ans.

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