En France, les écarts entre générations se creusent plus fortement qu’ailleurs dans le monde (ADP, People at Work 2026)

Source : ADP Research, étude « People at Work 2026 », communiqué du 29 octobre 2026.

  • En France, 9 % des 55-64 ans estiment disposer pleinement des compétences pour évoluer, contre 25 % des 18-26 ans (monde : 18 % et 29 %).
  • 6 % des salariés français de 55-64 ans ont une perception très positive de leur situation financière (monde : 10 % pour la même tranche d’âge).
  • 19 % des 55-64 ans jugent beaucoup plus difficile de changer d’emploi, la proportion la plus élevée de toutes les générations.

Alors que cinq générations cohabitent dans les entreprises, le dernier volet de l’étude « People at Work 2026 » d’ADP Research met en évidence des écarts marqués en matière de confiance dans les compétences et de sécurité financière. La France figure parmi les pays où ces disparités sont les plus prononcées.

Compétences : une confiance qui s’effrite avec l’âge

Dans le monde, 29 % des 18-26 ans et 30 % des 27-39 ans estiment avoir les compétences pour progresser dans les trois prochaines années, contre 18 % des 55-64 ans. En France, les 18-26 ans sont les plus confiants (25 %, contre 21 % en Europe pour cette tranche d’âge) ; la confiance tombe à 16 % chez les 40-54 ans et à 9 % chez les 55-64 ans, l’un des niveaux les plus bas d’Europe avec la République tchèque (8 %) et les Pays-Bas (6 %). Tous âges confondus, les Européens sont moins confiants (18 %) que la moyenne mondiale (26 %).

Sécurité financière : les seniors les plus inquiets

Dans le monde, 10 % des 55-64 ans jugent leur situation financière très bonne, contre 19 % des 18-26 ans et des 27-39 ans. En France, ils sont 6 % (contre 14 % des 27-39 ans et 12 % des 18-26 ans), l’un des taux les plus faibles d’Europe avec la République tchèque (3 %) et l’Italie (5 %). Tous âges confondus, 11 % des salariés français se disent dans une très bonne situation financière, contre 16 % dans le monde.

Stress, engagement et soutien

Dans le monde, 32 % des 55-64 ans déclarent ne pas connaître plus d’un épisode de stress négatif par mois, contre 18 % des 27-39 ans et 13 % des 18-26 ans ; 31 % des 55-64 ans trouvent du sens à leur travail et s’y sentent engagés, contre 22 % des 18-26 ans et 26 % des 27-39 ans et des 40-54 ans.

En France, la part de salariés ressentant un stress négatif quotidien est passée de 19 % à 10 % en deux ans, mais le pays reste, en Europe, celui où ce stress est le plus élevé (Autriche, République tchèque, Pologne et Espagne : 8 % chacun). Il touche 11 % des 55-64 ans, 10 % des 18-26 ans et des 40-54 ans, et 8 % des 27-39 ans. 71 % des 55-64 ans ressentent du stress négatif au maximum une fois par semaine, contre 56 % des 18-26 ans ; ces derniers sont plus nombreux à en ressentir de deux à six fois par semaine (35 % contre 18 % des 55-64 ans).

Les 55-64 ans sont les moins nombreux à déclarer bénéficier du soutien nécessaire de leurs collègues (14 %, contre 18 % des 18-26 ans) et de leur manager (11 %, contre 21 % des 27-39 ans et 15 % des 18-26 ans).

Mobilité et formation

Pour 19 % des salariés français de 55-64 ans, il est devenu bien plus difficile de changer de poste en douze mois, contre 10 % des 18-26 ans. Seuls 12 % des travailleurs français sont tout à fait d’accord pour dire que leur entreprise investit suffisamment dans les compétences nécessaires à leur évolution : 8 % chez les 55-64 ans, 17 % chez les 27-39 ans.

Les réactions d’ADP

Pour Nela Richardson, économiste en chef d’ADP, les organisations doivent mettre en place des stratégies de gestion du capital humain centrées sur les collaborateurs et s’appuyer sur les données pour répondre à leurs besoins à chaque étape de leur carrière. Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP en France et en Europe centrale, juge urgent d’adopter une approche plus personnalisée, notamment pour préserver l’employabilité et faciliter l’adoption des nouveaux outils. Un autre dirigeant cité recommande d’investir dans le développement des compétences tout au long de la carrière et de favoriser le mentorat intergénérationnel.

Méthodologie

Enquête menée par ADP Research auprès de 39 153 travailleurs dans 36 pays, dont 1 051 en France, sur un échantillon aléatoire stratifié par âge et par genre.