Résultats du sondage Anact-Malakoff Humanis : « Manager, c’est tout un travail »

Lyon, 15 juin 2026 – À l’occasion de la Semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail 2026, l’Anact et Malakoff Humanis se sont intéressés au regard des manageurs – top et middle, toutes tailles d’organisation – sur leur propre activité. Le sondage montre que manager, c’est gérer une pluralité de missions – entre pilotage de l’activité, gestion des urgences, accompagnement des équipes et production – sans avoir toujours les moyens et le temps de se concentrer sur ce qui devrait être au cœur du métier : l’humain.

Manager : un rôle multifacette qui va bien au-delà du pilotage d’activité

Les manageurs déclarent mener au quotidien un large spectre d’activités qui recouvrent non seulement leur cœur de métier historique – l’organisation de l’activité et l’animation des équipes – mais aussi la gestion des urgences, le recrutement, la contribution à la stratégie, le suivi administratif ou encore la prise en compte des difficultés personnelles des collaborateurs.

Pour plus de trois quarts des manageurs, le management ne remplace pas l’activité opérationnelle mais s’y ajoute.

Chiffres clés : pour plus de 85 % des manageurs, le pilotage, l’organisation de l’activité, l’animation de l’équipe, l’encadrement individuel des collaborateurs, la gestion des urgences et des aléas font partie des activités « du quotidien ». Entre 80 et 85 % déclarent contribuer à la stratégie de leur structure, au recrutement de leurs collaborateurs et à la prise en compte des difficultés personnelles de leurs collaborateurs. 78 % participent aux activités de production de biens ou de services ou aux activités de développement de leur structure et 72 % à la gestion administrative et financière de l’activité. 38 % des manageurs déclarent que toutes les missions citées ci-dessus font partie de leur activité régulière, un taux qui atteint 43 % parmi les manageurs de manageurs.

La dimension humaine menacée par les urgences et l’administratif

En matière de répartition du temps de travail, la difficulté tient moins à la conduite de quelques activités particulièrement chronophages qu’à la nécessité d’articuler des missions de nature très différentes. L’agenda des manageurs, quel que soit leur cadre d’exercice, apparaît à ce titre morcelé : parmi une dizaine de missions assumées au quotidien, aucune ne représente plus de 13 % du temps moyen déclaré.

Les manageurs – et plus particulièrement les encadrants de proximité – estiment qu’ils manquent de temps pour les dimensions relationnelles et humaines. Ils estiment en revanche passer trop de temps à gérer les urgences (22 %) et les tâches administratives (21 %).

La dimension humaine de l’activité constitue, par ailleurs, une dimension sur laquelle les manageurs déclarent être comparativement moins attendus (65 %) que sur les dimensions plus classiques de pilotage, de contribution à la stratégie (79 %) et de reporting (78 %).

Chiffres clés : 34 % des manageurs estiment ne pas pouvoir consacrer assez de temps à la prise en compte des difficultés personnelles des collaborateurs. 33 % jugent manquer de temps pour l’encadrement individuel des collaborateurs. 30 % jugent manquer de temps pour l’animation de l’équipe.

Des difficultés variées, des causes touchant à l’organisation du travail et au manque de moyens

Si les manageurs sont très largement conscients de leur contribution à la performance de l’entreprise (95 %), le sondage montre que leur mission ne s’exerce pas forcément dans le confort ou la facilité.

Chiffres clés – 5 difficultés principales : gérer la pression de sa propre hiérarchie (53 %), concilier vie professionnelle et vie personnelle (53 %), gérer les aléas, les dysfonctionnements et l’absentéisme (53 %), détecter et prendre en compte les risques pour la santé mentale des collaborateurs de l’équipe (52 %), gérer des tensions au sein de son équipe (50 %).

Selon les manageurs, les difficultés qu’ils rencontrent trouvent davantage leur origine dans l’organisation du travail et le manque de moyens adaptés que dans les pratiques managériales. Le manque de temps, les contraintes budgétaires, l’importance du reporting, le décalage entre objectifs et moyens comptent ainsi parmi les principales causes identifiées.

Un décalage entre les attentes et les moyens alloués

En matière d’attentes, les manageurs veulent d’abord des ressources adaptées pour exercer pleinement leur rôle. S’ils estiment nécessaire de bénéficier de davantage de formation, les encadrants attendent en priorité de la cohérence entre les responsabilités qui leur sont confiées, les moyens et le soutien dont ils peuvent disposer.

Chiffres clés – 5 attentes : 86 % des manageurs jugent important de disposer de plus de moyens pour reconnaître le travail des collaborateurs (rémunération, formation, parcours). 84 % souhaitent davantage d’écoute et de soutien de la part de leurs propres manageurs et 83 % de la part des services supports. 83 % demandent plus de temps, de méthodes et d’outils pour traiter les difficultés professionnelles dans l’équipe. 82 % souhaitent être davantage associés à la stratégie et aux évolutions de leur structure.

Fiche d’identité : enquête Anact et Malakoff Humanis réalisée par Toluna du 30 avril au 12 mai 2026 auprès de 1 101 manageurs français, représentatifs selon le sexe, l’âge, la région, le secteur d’activité et la taille d’entreprise.

Le regard de l’Anact

Le large spectre d’activités déclaré par les manageurs renvoie à des enjeux importants en matière de qualité de vie et des conditions de travail et de performance : le besoin de soutien et de priorisation de leur activité pour faire face aux risques de surcharge de travail et d’épuisement ; le développement des compétences et leur capacité à répondre à l’ensemble des activités sur lesquelles ils interviennent.

La diversité d’activités régulières témoigne d’un rôle de manageur large et morcelé, qui se caractérise moins par quelques missions dominantes que par un cumul d’activités différentes. Ce cumul ainsi que les écarts entre temps passé, activité réelle et objectifs fixés dessinent une fonction qui a du mal à s’aligner sur son cœur de métier.

Le déséquilibre perçu entre le temps passé à gérer des urgences et à faire du reporting versus le temps passé à la gestion humaine et l’animation de l’équipe constitue un point de vigilance. Le sentiment d’être en porte-à-faux sur ces dimensions peut conduire à une perte de sens pour les manageurs concernés. Il peut aussi avoir des effets sur la santé des collaborateurs en cas de manque de soutien managérial.

Si l’on écoute les manageurs, leurs difficultés sont en priorité liées à des contraintes organisationnelles – dont on constate sur le terrain qu’elles peuvent conduire à des situations de « management empêché ». Dans ce contexte, les leviers d’action ne peuvent pas porter uniquement sur le registre de la formation, il s’agit aussi de faire évoluer l’organisation du travail et le cadre dans lequel s’opère la relation managériale.

Le regard de Malakoff Humanis

Les difficultés énoncées – multiplicité des tâches, manque de temps ou de moyens… – fragilisent les manageurs dont l’absentéisme augmente chaque année et concerne aujourd’hui plus de la moitié d’entre eux. En effet, 53 % des manageurs se sont vu prescrire un arrêt de travail en 2025.

Depuis 2016, l’absentéisme des manageurs a évolué avec l’évolution de leur profil et des conditions de travail. Sur la période, les manageurs ont rajeuni avec une hausse de 4 points de manageurs de moins de 30 ans, une tranche d’âge qui, structurellement, présente des arrêts plus fréquents que le reste de la population salariée.

Par ailleurs, c’est à la sortie des années Covid que l’absentéisme chez les manageurs fait un bond spectaculaire : entre 2021 et 2023 on observe une hausse de 10 points des arrêts prescrits. L’après pandémie a inauguré de nouvelles conditions de travail, notamment hybrides, qui ont fait évoluer les fonctions d’animation d’équipe.

Face à cette situation, les manageurs sont en demande de solutions et d’accompagnement tant pour eux-mêmes que pour leur équipe. 66 % d’entre eux souhaitent être formés pour prévenir les risques psychosociaux au sein de leur équipe, 65 % portent de l’intérêt à faire évoluer leurs pratiques managériales et 67 % aimeraient qu’on leur propose des bonnes pratiques pour apprendre à gérer leur stress.

À propos de l’Anact

Établissement public administratif créé en 1973, sous tutelle du ministère du Travail, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) a vocation à améliorer les conditions de travail en agissant notamment sur l’organisation du travail et les relations professionnelles. Administrée par des représentants de l’État, des représentants des salariés et des employeurs, elle s’appuie sur un réseau de 16 agences régionales pour déployer des projets d’amélioration des conditions de travail au plus près des entreprises et des territoires.

À propos de Malakoff Humanis (chiffres au 31 décembre 2025)

Malakoff Humanis est un acteur majeur de la protection sociale paritaire et mutualiste, à but non lucratif. Le Groupe accompagne entreprises et particuliers en santé, prévoyance, épargne et retraite complémentaire. En assurance, il protège 400 000 entreprises et près de 10 millions de personnes. En tant qu’institution de retraite complémentaire Agirc-Arrco, Malakoff Humanis gère les cotisations de plus de 7 millions d’actifs et verse 45 Md€ d’allocations à 6,3 millions de retraités. Sur le plan extra-financier, Malakoff Humanis figure parmi les 2 % des entreprises les mieux notées au monde en matière de critères RSE (Ecovadis, niveau Gold – 81/100 en 2026).

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