À l’approche de la présentation de la loi sur la transparence salariale en Conseil des ministres, le cabinet How Much a interrogé 3 600 actifs français pour mesurer leur rapport aux salaires des autres, révélant un décalage marqué entre curiosité et compréhension réelle du texte.
Une curiosité quasi générale
94 % des actifs iraient consulter le salaire d’au moins une personne si un annuaire les affichait tous : le patron ou dirigeant arrive en tête des indiscrétions (24 %), suivi de la personne occupant le même poste (23 %) et du collègue soupçonné de gagner plus (21 %). Seuls 6 % affirment qu’ils n’iraient regarder aucun salaire.
Un grand malentendu sur le contenu de la loi
45 % des actifs croient que la future loi imposera le même salaire à poste égal, 36 % qu’elle dévoilera la paie du voisin de bureau et 32 % que chaque salaire sera publié nominativement en interne — trois mesures qui ne figurent pas dans le texte. Près d’un Français sur trois (31 %) avoue ne pas savoir du tout ce que la loi contient réellement.
Le sujet circule déjà entre collègues (56 % en ont entendu parler), mais rarement avec exactitude : seuls 13 % ont recueilli une information juste, contre 43 % qui ont eu droit à des propos exagérés, anxiogènes ou faux.
Des réactions anticipées très personnelles
38 % des actifs disent qu’ils vérifieraient immédiatement où ils se situent le jour où les salaires deviendraient visibles, et 29 % préparent déjà une demande d’augmentation. Un tiers des actifs (33 %) redoute des tensions et jalousies entre collègues si le sujet s’installe avant que l’entreprise ne l’encadre, et 46 % attendent que la direction ou les RH s’expriment en premier, clairement et officiellement.
« On s’apprête à légiférer sur un sujet que la grande majorité des Français ne comprend pas (…) il est plus que nécessaire de faire de la rémunération un langage clair », observe Sandrine Dorbes, fondatrice de How Much.
Source : enquête How Much, 3 600 actifs français, réalisée du 27 août au 3 septembre 2026.
