Réussite féminine : l’autre plafond de verre se joue à la maison

Communiqué de presse — Étude de recherche NEOMA Business School, le 29 mai 2026

La directive européenne sur la transparence salariale devait être transposée dans le droit français avant le 7 juin. La France ne tiendra pas ce délai – trois ans après l’adoption du texte par l’Union européenne, alors que les femmes y sont toujours payées 25 % de moins que les hommes.

Mais l’égalité des salaires suffirait-elle vraiment à changer la donne ?

Une étude publiée dans le Journal of Organizational Behavior, co-dirigée par Hyejin Yu, professeure à NEOMA Business School, apporte une réponse. En suivant 7 252 couples hétérosexuels sur plus de vingt ans, les chercheurs ont mis au jour un mécanisme aussi discret que tenace.

Gagner plus ne libère pas. Même quand elle est la principale pourvoyeuse du foyer, une femme consacre en moyenne 14 heures par semaine aux tâches ménagères routinières – contre 6 heures pour son partenaire. Loin de se délester de la double journée, elle redouble d’investissement domestique. Raison : compenser symboliquement ce que les sociologues appellent le doing gender – la crainte de menacer la masculinité de son partenaire.

Résultat mécanique : moins elle considère sa carrière comme centrale, moins elle décroche de promotions.

« Peu importe que la femme gagne plus ou moins que son partenaire : sa carrière pâtit dès que les revenus sont déséquilibrés. Seule l’égalité salariale au sein du couple fait exception », tranche Hyejin Yu.

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