Mercer, une société de Marsh, cabinet de conseil en Gestion des Talents, Santé et Prévoyance, Retraite et Investissement, dévoile les résultats de la 14e édition de son enquête annuelle sur les Négociations Annuelles Obligatoires. En 2026, l’enveloppe médiane consacrée aux augmentations du salaire de base se situe à 2 %, son plus bas niveau depuis quatre ans. Dans un contexte économique toujours incertain, les négociations ont été ralenties et le climat social reste tendu, avec 17 % de désaccords. Parallèlement, les entreprises anticipent déjà les effets de la future directive européenne sur la transparence des rémunérations en intégrant davantage les enjeux d’équité salariale.
« Avec un niveau d’augmentation au plus bas depuis 4 ans, les négociations 2026 ont été tendues. En prévision de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, les entreprises françaises privilégient des augmentations plus ciblées pour réduire certains écarts de salaire, afin de répondre aux exigences réglementaires tout en renforçant l’équité interne », note Sophie de Heer, Responsable Rémunération chez Mercer France.
Un climat social plus tendu et des négociations plus longues
Fin mars 2026, 54 % des entreprises avaient finalisé leurs NAO, contre 84 % à la même période en 2025. Parmi elles, 17 % ont abouti à un procès-verbal de désaccord. Dans un contexte économique et géopolitique mondial incertain, les négociations ont été plus longues et souvent moins anticipées.
L’enveloppe 2026 dédiée aux augmentations au plus bas depuis quatre ans
Le budget NAO médian consacré aux augmentations du salaire de base s’établit à 2 % en 2026. Ce niveau, resté stable depuis le début de la campagne, est le plus faible depuis 2021. Seules 3 % des entreprises ont gelé les salaires, contre 7 % en 2025. Globalement, la répartition des augmentations reste proche d’un niveau hiérarchique à l’autre, avec de légères différences entre cadres supérieurs et dirigeants / non-cadres et ouvriers.
Des augmentations individuelles toujours ciblées
Les augmentations individuelles restent un levier central. En médiane, 66 % des salariés en bénéficient. Elles sont principalement attribuées au mérite, en particulier pour les populations cadres. Leur niveau reste toutefois plus faible que sur les trois dernières années, avec une médiane de 1,80 % en 2025 et une médiane en légère baisse en 2026.
Les augmentations générales réservées aux non-cadres
Les augmentations générales concernent essentiellement les populations non-cadres, en lien avec le retour de l’inflation à des niveaux plus maîtrisés. Leur niveau médian reste faible, entre 0,35 % et 0,38 %, bien que ce niveau demeure supérieur à celui observé avant Covid (0,43 % en 2019-2020 pour l’ensemble des catégories).
En anticipation de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, les entreprises commencent à intégrer les enjeux de remédiation salariale dans leurs NAO. Parmi celles ayant déjà chiffré cet impact, 12 % ont prévu un budget dédié, avec une enveloppe médiane de 0,20 %.
Des initiatives de plus en plus variées
Les négociations annuelles ne portent plus uniquement sur le salaire de base. Les entreprises mettent aussi en avant des mesures plus variées, parmi lesquelles l’augmentation de la contribution des titres restaurants, la revue de l’accord d’intéressement et/ou des bonus exceptionnels. Les initiatives autour de l’équité salariale sont également une priorité des entreprises. Le télétravail reste un sujet d’actualité dans le cadre des négociations : même si certaines entreprises revoient les modalités à la baisse, la grande majorité offrent deux jours de télétravail par semaine à leurs salariés, accompagnés d’une prime de 200 € par an à la médiane.
Projection 2027
La révision à la hausse des estimations d’inflation pour 2026 par rapport aux premières projections laisse penser que les augmentations de salaire accordées cette année ne suffiront pas à compenser la hausse des prix tout en assurant une légère augmentation du pouvoir d’achat. Avec une inflation projetée à 1,7 % en 2027, les prochaines négociations pourraient de nouveau s’annoncer difficiles, dans un contexte de contraintes économiques persistantes pour les entreprises. À ce stade, les premières estimations recueillies par Mercer font ressortir un budget médian à 2,5 %, soit au-dessus des augmentations observées en 2026 (2 %).
Méthodologie
14e édition du Rapport annuel sur les Négociations Annuelles Obligatoires : enquête réalisée entre octobre 2025 et mars 2026 auprès d’un panel de 277 entreprises implantées en France (DRH et Responsables Rémunération & Avantages Sociaux), dont 45 % sont des sociétés cotées, par le biais d’un questionnaire en ligne et d’entretiens individuels. Cette édition est construite sur la base des retours d’entreprises appartenant à une large gamme d’industries, domiciliées sur le territoire français, de tailles et de secteurs d’activité divers, mais aussi sur des fonctions de périmètres variés : mono-site, multi-sites, etc. Cette analyse annuelle de Mercer offre aux décideurs RH et aux partenaires sociaux une vision claire des tendances salariales à l’échelle nationale. En 2026, elle permet de mieux comprendre comment les entreprises réajustent leurs pratiques face à l’incertitude économique mondiale, à la pression sociale croissante, aux enjeux de transparence salariale et à la nécessité de retenir les talents.