Étude PerformanSe : seuls 9 % des RH font confiance au potentiel d’apprentissage au moment de décider

Une étude réalisée par PerformanSe auprès de 554 professionnels RH donne à voir l’écart entre le discours sur les compétences et les pratiques de décision au sein des entreprises.

Les compétences occupent une place croissante dans les discours RH. Les entreprises construisent des référentiels, cartographient les savoir-faire, repensent leurs parcours de mobilité. Mais lorsqu’il faut trancher sur un recrutement, une promotion ou une mobilité, les organisations reviennent à ce qu’elles savent mesurer : le parcours passé. L’adaptabilité et la capacité d’apprentissage, pourtant désignées comme stratégiques, pèsent encore peu dans la balance, faute d’être rendues visibles et crédibles. Ce travail mesure donc concrètement la différence entre les discours de plus en plus présents au sein des services RH sur les « skilled-based organizations » et la réalité des pratiques. Le discours a changé, les décisions… non.

Trois chiffres résument la tension qui traverse les directions des ressources humaines : 28 % des RH définissent la compétence comme la capacité à s’adapter et à apprendre vite ; au moment de recruter ou de faire évoluer un salarié, seuls 9 % privilégient ce potentiel d’apprentissage, et 2 % les savoir-être ; à l’inverse, 37,4 % continuent de s’appuyer d’abord sur l’expérience acquise sur un poste similaire.

Sept enseignements sur la maturité réelle des organisations

L’analyse croisée des réponses dégage sept enseignements qui dessinent, ensemble, le portrait d’organisations en transition.

D’abord, les RH valorisent l’adaptabilité mais continuent de décider en se référant en priorité au parcours des candidats : 28 % définissent la compétence par la capacité à apprendre, quand 37,4 % privilégient l’expérience sur un poste similaire au moment de choisir.

Ensuite, les compétences deviennent stratégiques mais restent évaluées de façon subjective. Près de 28 % des organisations s’en servent comme outil de pilotage, mais 45,8 % les évaluent via le seul manager et 9,6 % seulement recourent à des méthodes d’assessment structurées.

Troisième enseignement, les organisations disposent de données compétences mais leur accordent un crédit limité : 73,8 % les jugent « plutôt fiables », et 4,3 % seulement « très fiables ».

Quatrième point, on parle de compétences, mais surtout dans des temps RH formels. 51,5 % des organisations en discutent principalement lors des entretiens annuels, et 15,5 % seulement les abordent régulièrement dans les projets ou les feedbacks.

Cinquième enseignement, les démarches sont engagées mais restent souvent descriptives : 27,4 % cantonnent les compétences aux fiches de poste et 18,2 % les ont peu ou pas formalisées.

Sixième constat, le développement des compétences reste d’abord piloté par les besoins opérationnels : 42,2 % des organisations définissent leurs formations à partir des besoins terrain exprimés par les managers, devant les priorités stratégiques (35,8 %).

Enfin, les organisations veulent préparer l’avenir mais surveillent encore peu les compétences de demain. 49,5 % déclarent vouloir anticiper, mais 22,9 % seulement mènent une veille structurée et régulière des compétences du marché.

Une transition en cours, pas une rupture accomplie

Pris ensemble, ces résultats nuancent la promesse souvent entendue d’un basculement vers le « tout compétences ». Les entreprises ont adopté le langage des compétences, mais restent partagées entre un modèle historique centré sur les postes, l’expérience et les parcours, et un modèle émergent où les compétences deviennent une unité de décision. La plupart ne sont pas encore pleinement skill based. Elles sont en train de le devenir.

Pour Dominique Duquesnoy, CEO de PerformanSe : « Les entreprises ont appris à parler le langage des compétences. Le vrai test des prochaines années sera de leur faire peser sur les décisions concrètes : qui on recrute, qui on fait évoluer, sur quoi on forme. Tant que l’on continue de décider à partir du parcours, l’approche compétences reste un discours plus qu’une pratique. »

À propos de l’étude
Enquête menée auprès de 554 professionnels RH par PerformanSe et Julhiet Sterwen. Livre blanc complet « Skills-Based Organization : l’approche compétences sur toutes les lèvres, encore loin des pratiques ? » disponible sur demande.

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